À Marie-galante ou j’ai grandi ou aux Antilles plus généralement, les homosexuels, macomé comme ont les appels, sont très mal vu.
Méprisé, insulté, harcelé ou encore violenté certains grandissent avec l’idée d’êtres moins que les autres, des erreurs de la nature ou juste bon a rien.

En manque de repères ou subissant la pression social et familiale deux choix semble leurs être offert, mal finir ou mentir toute une vie.

Danseur, voguer, performeur, model, mannequin égérie de LA CREOLE (le collectif qui agite les nuits parisiennes) et maintenant a la tête de sa propre agence de model Skmaagency, Snake qui s’impose dans la capitale, fais partie de ceux qui réalise leurs rêves pour vivre de leurs passions.

Je vous emmène a la rencontre d’un jeune antillais ouvertement gay de cette nouvelle génération qui ne s’embarrasse pas des chemins balisé pour réussir.
Véritable couteau suisse du digital, c’est avec un œil sur sa dernière publication Instagram et beaucoup de transparence qu’il accepte de répondre à mes questions

Quand es-tu arrivé à Paris ?

Je suis Arrivée à Paris en 2014 à .. ans, mais il ne faut pas le dire, je n’aime pas la vieillesse ni mon anniversaire. (rire)

 

Pourquoi SNAKE ?

Au début on m’appelait Blade à cause de ma coupe de cheveux très carrée. Je ressemblais à l’enfant caché qu’il aurait eu avec grâce Jones.
Le premier élément que j’ai maîtrisé lors de mon apprentissage du voguing étais les waves.
Tu te Dandine trop comme un vers qu’ils disaient jusqu’à ce que Laquiz ex Ninja rétorque non, like a Snake. Depuis Snake s’est naturellement imposer avec ma langue et mes mouvement désarticulé qui rappel le serpent qui inspire mon vogue maintenant reconnaissable.

 

Tu penses quoi du voguing qui deviens mainstream ?

J’ai un avis mitigé, d’un côté, c’est un bénéfice pour la Ballroom scène grâce au repérage de talents et des contrats à la clef.
De l’autre un risque de perdre notre essence même.

 

Quel rapport tu entretiens avec ta masculinité et ton corps sexualisé?

Avant, j’étais efféminé as f..k ce qui m’a couté de la légitimité dans la catégorie twister dans les balls par exemple. Je m’habillais no gender avec mes kilts et mes talons, mais toujours avec une voix grave et une allure d’homme. Ça ne passait pas pour tout le monde.
Les gens ne comprennent pas que la société évolue et que ça ne sert a rien de rester sur les basiques qui datent de 50 ans. On ne compte plus le nombre de fois ou des designers ont mixé les vestiaires féminin et masculin sans pour autant remettre en question le genre ou la sexualité.

Je ne cherche pas à sexualiser mon corps la limite est en grande partie dans l’œil de l’observateur.
Je ne vais volontairement pas au bout de la sexualisation de mon art parce que j’ai basé mon travail sur le thème de la sensualité et l’homme. La sensualité, c’est très différent de la sexualité. Quand tu es sexuel, tu n’es pas forcement sensuel. En voulant sexualiser, on perd de la sensualité.

 

Est ce que tu as un Régime alimentaire particulier pour entretenir ce corps ?

Non, je mange de tout, pas de gym, la danse suffi, mais ça dépend du débit et l’énergie mis dans la danse.
Quand tous les soirs tu donnes ta vie de 23 h à 7 h du matin tu es sur le floor tu transpires c’est ton sport.

 

Tu prends encore plaisir à danser ?

Mais de ouf moi la danse, c’est toute ma vie, je danse depuis que j’ai 5 ans. Malgré une malformation des deux ménisques au niveau des genoux diagnostiqué à 13 ans. Malgré les frottements, les blocages, (deux opérations et l’interdiction du médecin de continuer des activités a risque). Je danse quand même. Plus je danse moins j’ai mal.

Ma danse, c’est tout pour moi, mon sport, mais aussi ma thérapie. Si ça s’aggrave bah, je vais danser sur les rognons, si je n’ai plus de rognons, je vais danser sur le cul (rire).

 

Quel a été ta réaction quand tu as vu que le magazines français têtu et le magazine international Gay Nation ont publié des articles sur ton dernier post instagram ou tu annonces ton couple avec Simon Vendeme ?

…Hé, regarde bébé, on est dans têtu!!
On était surpris et heureux.
On voulait juste mettre une photo sur instagram comme on le fait tous les jours, mais là pour annoncer notre couple.
C’était une suite logique. Notre vie tourne autour des réseaux moi comme artiste lui comme youtubeur. Il a fais son coming out sur YouTube et moi sur Facebook.
C’était aussi pour Calmer tous ceux qui sont en mode « chien dents » sur mon mec et moi en fait. Calmez-vous on est maqué !
Nous avons eu énormément de messages positif d’amour et de soutien.

 

Comment en es tu arrivé à lancer ton agence ?

Ma passion pour la mode et mon désir de transmission m’ont naturellement amené à ce projet. Dés mes premiers shootings, j’ai su que je voulais être agent. Cette idée s’est concrétisée le 31 août dernier.
Nous sommes aujourd’hui une petite équipe de phonographes designer et videast aux côtés de jeune qui souhaitent se lancer bien armé dans les castings et la mode.

Riche de mon expérience dans ce milieu aux cotes de grands noms comme Rick Owens Vivienne westwood ou encore xulybet, Je les prépare à voler de leurs propres ailes.

 

Quelle est la prochaine étape pour toi.

Je me prépare pour la reprise d’une troupe de théâtre en mai où je vogue pour le spectacle de Mathilde Delahaye.

©Jean-Louis Fernandez

Le mot de la fin, quel serait ton Conseil pour les jeunes qui veulent être ou faire comme toi ?

Croyez en vos rêves, acceptez vous, arrêtez de mentir et de vous mentir, on naît pour mourir autant profiter de la vie le temps qu’on peut.
Je ne vais jamais oublier la réaction de ce prof a qui j’ai confié mon désir de devenir danseur et model… : va plutôt chercher le numéro de la SNCF ma t-il répondu.

Aujourd’hui, je suis quoi ? Les gens ne se rendent pas compte de l’impact qu’ils peuvent avoir avec leurs mots… « On te prend seulement parce que tu as un beau corps pour le moment » » va prendre des cours de danses… »
Ne vous laissez pas avoir par ce que les gens pensent et disent ou les peurs de votre entourage.

 

Les portes quand on est noir et gay, il ne faut pas les ouvrir faut les détruire!